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Daft Punk Unchained : « Les Daft Punk veulent donner du bonheur au gens »

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J’ai été invité lundi soir par Canal+ et NoSite a une rencontre en cercle très restreint avec quelques protagonistes anglais et français d’un documentaire exceptionnel : Daft Punk Unchained.

Daft Punk Unchained – réalisé par Hervé Martin Delpierre et co-écrit avec Marina Rozenman – est le seul documentaire indépendant existant sur l’un des plus mythique groupe d’électro mondial produit par BBC Worldwide France avec le soutien de Canal+, premier diffuseur au monde de ce film le mercredi 24 juin à 20h50.

Un résultat à l’image du groupe

Moi, le fan absolu des Daft, était aux anges. Car le résultat est soigné et à la hauteur de la légende du groupe, avec de très nombreuses anecdotes et rappels des faits marquant leur carrière.

Un regret, qui impacte l’ensemble de l’œuvre : le manque d’images vraiment inédites (il y en a quelques unes, mais trop rares, comme leurs débuts dans le groupe de rock Darlin’), intrinsèquement liées au fait que les Daft Punk n’ont pas apporté leur concours à ce documentaire. Ce qui rend finalement le résultat passionnant mais manquant parfois de révélations, d’aspérités, voire d’irrévérence. Ce à quoi certains nous objecterons : si les Daft Punk cultivent le mystère et contrôlent maladivement leur image, la musique – elle – est leur moyen d’expression et de sortir des normes.

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La question qui dérange

Je pose la question juste après la projection : « Est-ce que le fait que Thomas Bangalter soit le fils de Daniel Vangarde – célèbre producteur des années 70 – et donc soit à l’abri relatif du besoin, a été un des éléments de leur succès ? » Car quand on n’a pas le soucis de devoir manger tous les jours, ça aide à se focaliser sur autre chose, et ce n’est aucunement une mauvaise chose en soi. Silence. Je sens que la question dérange.

Hervé Martin répond en biaisant : « Ce n’est pas une question de riche ou de pauvre. Pour réussir il faut avant tout travailler, travailler, travailler. Le talent arrive ensuite. ». Daniel Dauxerre, ancien manager de Darlin’, ose sortir du cadre : « Chacun a un moteur issu de sa histoire personnelle. Il est certain que Thomas veut surpasser le père. ». On n’en saura pas plus, mais je réalise que le lien entre l’argent et l’artistique vient toujours mettre mal à l’aise. Uniquement en France ?

Hervé Martin Delpierre révèle la motivation secrète des Daft Punk

Entre fiction et réalité, magie et secrets, théâtralité et humilité, les deux Français Thomas Bangalter et Guy-Manuel de Homem-Christo ont donc créé un univers artistique unique. Tout au long de leur carrière, ils ont choisi de maîtriser sans relâche chaque maillon de leur chaîne créative. C’est le point principal – déjà connu – qui ressort : leur goût quasi maladif pour la perfection.

Je le répète, ce film est unique, et il a été réalisé avec honnêteté et application. Mais pourquoi est ce que cela n’a pas été fait avant ? Quel est le moteur secret de ce groupe mythique ? A-t-il vraiment été facile d’avoir des témoignages ? Hervé Martin Delpierre, le réalisateur, a accepté de lever le voile sur les coulisses de Daft Punk Enchained.


[Vidéo] Camille Combal : « J’aime les Hygiaphones »

EXCLU STAN&DAM

C’est la rentrée sur D8 avec pas mal de nouveautés (notamment films et séries), mais surtout UN nouveau talk aux commandes duquel nous retrouvons une valeur sûre – Ariane Massenet – et le fayot de TPMP prompt à enfin déployer ses ailes : Camille Combal.

Histoire de vous donner une idée de l’énergumène, le voici en interview très #uncut. il nous déclare : « J’aime les hygiaphones. Et les be-bop. ». Une déclaration qui donne le ton sur le personnage et son professionnalisme.

Rendez-vous sur D8 à 17h30 pour « Est ce que ça marche ? » !


Le secret de Bref

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« On l’a fait ». Le poing levé, Kyan entre en scène, et prend une ovation en pleine face. Il semble sincèrement touché. Qui ne le serait pas. Bref. C’est sa soirée ou c’est pas sa soirée ?

Tout commence par la résolution d’une énigme qui nous avait laissé tous sur notre faim, le 12 juillet 2012. « J’arrive au cinéma » nous dit JE, le héros de Bref. Sortie de champ, cut au noir. L’histoire est finie, et avec elle des millions de drogués qui se trouvent privés de leur dose quotidienne. Crise d’hystérésie collective.

Jusqu’à ce 18 septembre fatal : une grande séance de shoot est organisée dans un grande salle bien centrale à Paris le 23 octobre. Je me précipite sur les billets, j’en serai !

Mais pourquoi une telle déferlante pour une micro-série (par la durée des saisons et des épisodes) devenue culte avant même d’avoir signé son dernier épisode ?

Bref c’est l’histoire d’une communauté qui s’est rassemblée spontanément sur les réseaux sociaux pour faire de cette série la première trans-genre, aussi bien regardée sur l’écran de télé que d’ordinateur. Une proximité, une « complicité sociale » inédite dont les auteurs ont pleinement joué.

Loin d’une rétrospective où l’on enquille les épisodes avec une vague présence de l’équipe au début « histoire de », la soirée Bref ce fut celle des attentions envers « la » communauté : des petits sacs cadeaux sur tous les fauteuils de la grande salle du Rex, un live-stream éphémère sur le web (pas de replay disponible après coup pour accentuer le côté « tu y es ou tu n’y es pas »), des spectateurs parisiens se parlant par tweets interposés sur l’écran de cinéma avec ceux qui étaient devant leur ordinateur… Tout était fait pour se sentir en famille.

Rompant avec le rythme zapping des épisodes, les acteurs et les invités (Florence Foresti, Manu Payet, Elie Semoun…) firent en sortent de sortir littéralement de l’écran, stoppant soudainement la diffusion d’un épisode pour prendre possession quelques instants du public et de la scène et enflammant cette soirée de potes.

Idem pour la musique : les notes se matérialisent en la présence de The Name, le groupe qui a composé une grande partie des musiques de la série, ou bien en la personnes d’Emilie Simon accompagnée par le frère de Kyan à la guitare. Puissant.

En ce sens, Bref est du même acabit que Kaamelott : d’ailleurs, l’apparition d’Alexandre Astier dans l’épisode Bref, y a des gens qui m’énervent fut saluée d’une ovation de la salle. Tout est dans le détail et le respect du spectateur, et dans le partage de références communes, comme me l’expliquait il y a peu Bruno Muschio, co-auteur de la série :


Bref, c’est plus qu’une expérience. C’est une « putain de leçon d’exigence créative » comme m’a glissé un certain Wale à la sortie de la salle. Des artistes intransigeants avec ce qu’ils donnent au public, des Créateurs.

Bref. Merci. Vous nous manquez.