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Après PirateBay, Wisafe lance l’assurance Hadopi

Après PirateBay qui propose IPREDator à 5€ par mois pour échapper à la surveillance prochainement mise en place par Hadopi (si la loi passe), c’est au tour d’une autre société suédoise de profiter du débat sur le téléchargement illégal en France pour se positionner sur ce marché et lancer « l’assurance Hadopi ».

Lors d’un point presse téléphonique auquel quelques blogueurs anti-Hadopi étaient invités (dont Stan&Dam), Wisafe nous a annoncé avoir noué un accord avec un « “un partenaire Français d’envergure” pour commercialiser son produit d’assurance en France. En clair, cette assurance ne dispense pas d’amende, mais protège d’un « accès abusif à un équipement wifi personnel ». Autrement dit, comme il est difficile de prouver que vous n’avez pas été piraté, Wisafe vous protège en contreaprtie d’une déclaration sur l’honneur et couvre les frais liés aux amendes Hadopi. C’est une astuce juridique intéressante lié à un flou juridique, qui devrait clairement intéresser les téléchargeurs…

Interrogé sur le prix de son offre, William Karlsson, le CEO de Wisafe (qui se décrit comme « une startup dans le monde de l’assurance ») nous a annoncé « quelques euros seulement ». On peut aisément imaginer que cela tournera dans les mêmes prix qu’une licence globale ou d’un IPREDator : 5€.

Apparemment, la société veut frapper un grand coup (publicitaire) avec cette offre comme produit d’appel, pour ensuite proposer « une gamme de produit destinés aux particuliers souhaitant se protéger des risques liés à l’utilisation de l’informatique et d’internet ». Perte de données, usurpation d’identité, dégâts liés à un virus… Bref, toute la panoplie pour un « digital natif » qui se respecte

Bref, il n’est plus surprenant de voir que tout peut devenir marché… à commencer par se protéger légalement de dispositifs légaux !

Chez Stan&Dam nous sommes violemment contre Hadopi, et ne pouvons qu’applaudir face à ce regain de créativité de certaine sociétés pour coller à l’air du temps. Les majors de la musique pourraient en prendre la graine…

Internet mon amour : flash mob artichaut le 1er avril [HADOPI]

Envie de vous faire entendre par l’absurde face à la loi absurde qu’est Hadopi ? Le collectif « Internet mon amour » propose une flash mob où il vous sera demandé d’arborer un artichaut (ou tout autre objet ou légume contondant, pourvu que ce soit absurde) sous les fenêtres de Mme la Ministre.

DATE : Mercredi 1er avril 2009
LIEU : Jardins du Palais Royal, 75001 Paris
HEURE : 11h55 précises
DUREE : 7 minutes

Tout est expliqué sur leur site et leur groupe facebook.

A l’initiative d’« artisans » du réseaux, les rencontres « Internet mon amour » proposent de tisser des liens entre ces réseaux immatériels et le monde de la pensée (écrivains, biologistes, économistes, philosophes…). Parce que les enjeux artistiques, culturels, économiques, politiques, sociaux et identitaires d’Internet dépassent largement ses acteurs.

Les «artisans» d’Internet mon amour: Annie Abrahams, artiste, Olivier Auber, chercheur, Christophe Bruno, artiste,  Xavier Cahen, artiste et fondateur de pourinfos.org, Agnès de Cayeux, net-artiste, Géraldine Gomez, curatrice au Centre Pompidou, David Guez, net.artiste, Christophe Jacquet dit Toffe, activiste graphique, Valentin Lacambre, figure de l’Internet indépendant, fondateur d’Altern et Gandi, Nathalie Magnan, cyberféministe, Albertine Meunier, net-artiste, Annick Rivoire, créatrice du site Poptronics, Anne Roquigny, curatrice nouveaux médias, Cyril Thomas, historien de l’art.

Jaimelesartistes.fr ne répond définitivement plus [HADOPI]

J’aime les artistes ne répond plus ! Acte final d’une mauvaise pièce jouée par notre chère Ministre Albanel ?

En fait, c’est plus cocasse : c’est le prestataire hébergeur qui a lâché l’hégergement comme nous l’explique Numerama. Suite à une déclaration très finaude du ministère déclarant que le site était « super blindé contre le piratage », des attaques multiples contre le serveur ont fait jeter l’éponge à son hébergeur… qui est contre la loi Hadopi !

A cette heure, le site n’est toujours plus en ligne… En revanche, vous pouvez toujours aller sur Ca va couperJ’aime pas les artistes, J’aime les artistes pas les majors, J’aime les internautes

Mme Albanel s’y connaît très bien en internet [HADOPI]

(c) AFP

En fait, Mme Albanel, Ministre de la Culture en l’état (enfin, on sait plus trop lequel à force), nous a prouvé lors des débats sur la loi Hadopi Création & Internet qu’elle s’y connaissait bien plus que nous ne le pensions en internet.

En fait, outre manier l’art du bashing comme personne, elle a réalisé la figure de compétition d’une vieille habituée des réseaux : obtenir un point Godwin. 

Rappel (merci Wikipedia) : la loi de Godwin est un adage, partie du folklore Usenet, énoncé en 1990 par Mike Godwin : « Plus une discussion sur Usenet dure longtemps, plus la probabilité d’y trouver une comparaison impliquant les nazis ou Hitler s’approche de 1. » Dans un débat, donner un point Godwin revient à signifier à son interlocuteur qu’il vient de se discréditer en vérifiant la loi de Godwin.

Mme la Ministre a allègrement passé le mur du çon et a obtenu un superbe et incontestable point Godwin lors de la deuxième journée de discussion de la loi Création et Internet.

Afin d’esquiver la question d’un député qui demandait comment l’Hadopi pourrait surveiller le réseau et gérer les plaintes, sa réponse a été celle-ci : « Je suis accablée par toutes les caricatures sur tous les bancs et par l’obstination qui consiste à présenter l’Hadopi comme une sorte d’antenne de la Gestapo particulièrement ridicule. »

Point Godwin décerné à l’unanimté par le jury Stan&Dam.

Le reste (le mot retiré mais aucune excuse, l’indignation de Patrick Bloche dont la grand-mère a été déportée), c’est ici : 


Le Réseau des Pirates : nous sommes des millions, ils font de nous des pirates

Internet et les technologies numériques ouvrent un extraordinaire espace de libertés : libertés de s’exprimer, de créer, d’accéder à l’information et aux œuvres, mais aussi d’innover et d’entreprendre.

Jamais autant d’informations, de connaissances et de créations n’ont été accessibles à un aussi grand nombre d’individus. Jamais autant de citoyens et de créateurs n’ont été en mesure d’exprimer leurs opinions sur les affaires du monde, mais aussi de rendre leurs productions accessibles et réutilisables et permettre ainsi d’en créer de nouvelles.

D’influents groupes d’intérêt, dans les industries de la culture, des médias et du divertissement, et certaines forces au sein des appareils d’état, supportent mal ces libertés et ces capacités nouvelles. Ils n’ont de cesse, depuis 20 ans, de les brider, de revenir sur elles.

Verrouillage technique des œuvres et criminalisation de leur contournement, obligations de filtrage des contenus présumés illicites, procédures d’exception sans respect des droits de la défense comme le projet de “riposte graduée”, invention régulière de nouvelles infractions comme le « défaut de sécurisation de sa connexion » ou la responsabilisation des développeurs pour les usages potentiels de leurs logiciels, projets de labellisation des sites, listes blanches sur le WiFi, remise en cause du dispositif de responsabilité aménagée des prestataires techniques, régime spécifique à l’Internet pour les délits de presse…

Il faut cesser de considérer l’Internet comme un espace où règne le non-droit, comme une zone de risques.
Internet est le laboratoire où la jeunesse invente de nouvelles manières de faire.
Le chantier où l’État et des collectivités publiques expérimentent de nouvelles relations avec les citoyens.
L’espace ou s’invente peut-être la société de demain, fondée sur la coopération et l’échange : celle de “l’après-crise”.

Les responsables politiques doivent reconnaître le présent et prendre le parti des possibles.

Nous appelons les parlementaires français à signer ce pacte et à défendre les libertés numériques à l’occasion du débat sur l’Hadopi.

Les élections au Parlement Européen se tiendront le 6 et 7 juin. C’est aussi au Parlement Européen que s’élabore le cadre de ces libertés numériques.
Nous voulons inscrire les enjeux du numérique dans la campagne des Européennes : le levier de progrès que représente Internet pour nos sociétés, les risques qui pèsent sur les libertés numériques.

Nous demandons aux candidats, et en premier lieu, aux têtes de liste, de s’engager à défendre les libertés numériques en signant également le Pacte des Libertés numériques.

> le Pacte pour les Libertés Numériques
> signer le manifeste.

Il est grand temps de reconnaître ces pratiques. De cesser cette guerre contre le public et la jeunesse.
En attendant ce jour, je prends le parti des pirates.

Je déclare que je suis l’un d’entre-eux.
Je déclare avoir consommé, remixé ou diffusé des œuvres culturelles.
Alors, pour eux je suis un pirate…

> Le Réseau des Pirates

Suivre en direct les débats à l’Assemblée Nationale [HADOPI]

L’excellent Numerama propose une page spéciale dédiée pour suivre les avancées d’Hadopi.

Vous pouvez suivre le débat sur Twitter avec le tag #Hadopi.

Enfin, vous pouvez vous rendre physiquement à l’Assemblée, ou bien via la webtv en ligne.

Comprendre les enjeux et les conséquences d’Hadopi [PIRATAGE]

Cet article a été publié initialement dans la version française de ReadWriteWeb par le même auteur qui publie aussi sur Stan&Dam.

Ce 10 mars (outre être mon anniversaire 🙂 NDR) est le jour de présentation à l’Assemblée Nationale de la loi Hadopi (renommée Création et Internet). Cette loi répressive ouvrira, si elle est votée, des heures sombres pour l’internet français. Afin de bien comprendre le pourquoi d’une telle hostilité à son égard, ReadWriteWeb France vous propose une analyse des origines, des rouages et des conséquences de celle-ci. Et vous donne les moyens d’agir, car il est encore temps de montrer à Mme Albanel que nous ne sommes pas un groupuscule minoritaire.

Les origines de la loi

Notre confrère Mediapart explique dans une vidéo simple et pédagogique le pourquoi de cette loi, initiée par l’ancien patron de la FNAC (aujourd’hui au Nouvel Observateur), Denis Olivennes.

Pourquoi Hadopi entretient un faux débat ?

De nombreux documents plus ou moins synthétiques explicitent les raisons du faux débat entretenu par le vote de cette loi. Sous couvert de se défendre contre le piratage et vouloir « éduquer » les générations à venir, c’est une véritable boite de Pandore qui va être ouverte, venant en premier lieu remettre totalement en cause l’article 9 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 au sujet de la présomption d’innocence.

Cette loi propose la mise en place de dispositifs techniques irréalistes ou extrêmement coûteux pour la collectivité et les FAI (6,7M€/an budgetés auxquels s’ajouteront des millions de frais d’identification et d’envoi de courriers électroniques), ravalés au rang de matons devant surveiller la bonne conduite de leurs clients, sans être vraiment sûrs de pouvoir discerner une « bonne » d’une « mauvaise » conduite.

Et tout cela sans que l’argent collecté des amendes aillent régénérer le système en versant des royalties aux ayant-droits téléchargés : aucun système de compensation n’est prévu, ce qui parait inique pour une loi censée rétablir l’ordre et la justice pour les artistes bafoués !

Enfin, ce système atteindrait à la neutralité du net, par une surveillance généralisée des flux échangés. Pour cela, le gouvernement agite (en prenant soin de bien mélanger les sujets) la lutte contre la pédopornographie, ou bien attaque les sites de streaming (si n’ont rien à voir avec le sujet initial de la loi) et la « Free Culture » via a voix de stars telles que Luc Besson.

Quels modèles alternatifs seraient possibles ?

Tout d’abord, aucune étude à ce jour n’a réussi à prouver le bien fondé d’un lien direct et durable entre baisse des ventes de musique et piratage. ReadWriteWeb France s’est en déjà fait l’écho en démontant la seule étude servant de base à tout l’argumentaire des lobbies pro-Hadopi en France, ou dans cette interview de Patrick Waelbroeck.

Il faut bien comprendre qu’Hadopi cherche à colmater les brèches d’un système à bout de souffle, qui ne sait pas comment se régénérer. Plutôt que de profiter de cette opportunité pour tenter de créer de nouveaux modèles basés sur le principe d’économie de l’immatériel et tirant profit de ses caractéristiques intrinsèques (une démultiplication des contenus à un coût marginal quasi-nul), la loi Hadopi essaye de faire perdurer le principe de l’économie du matériel basée sur une logique de rareté. Or ce dernier point est en total antagonisme avec le monde du numérique, par sa nature même. François de Bernard en explique d’ailleurs brillament toutes ces évolutions.

De plus, le système peut-être porteur de création de valeur et de richesses, comme Serge Soudoplatoff le rappelle en citant des études et articles de Roberto di Cosmo ou Kevin Kelly (l’un des deux fondateurs de Wired).

Que faut-il craindre si la loi Hadopi est votée ?

L’ISOC (le chapitre français de l’Internet Society) a dressé un document très complet (version web) faisant un descriptif chronologique des évènements susceptibles d’intervenir une fois cette loi votée : failles juridiques, erreurs dans les internautes pénalisés, développement de nouvelles techniques d’échanges encore plus indétectables, mise en place d’échanges « physiques » via clé USB, verrouillage de réseaux publics, effets de « promotion virale » négatifs, et au final un répression encore plus forte.

Les effets de bords peuvent-être nombreux, à l’image de certains FAI qui déclarent déjà que tout investissement dans la fibre serait une porte ouverte à l’augmentation du piratage !

Suivant cette logique, il n’aurait jamais fallu développer l’ADSL, et ainsi faire de la France l’un des pays les plus connectés d’Europe en haut-débit, avec les répercussions incontestables en termes économiques sur nos entreprises. Plus de la majorité sont des PME du secteur terciaire, la France étant le deuxième pays au monde derrière les Etats-Unis dans le secteur des services : ce sont ces entreprises qui ont le plus besoin des opportunités de réseaux, pas l’industrie lourde ou l’agriculture.

Que faire alors que le vote se profile ?

Il ne faut pas hésiter à écrire à son/sa député(e) pour lui expliquer la dangerosité de la loi Création & Internet, qui va avoir les effets contraires à ceux recherchés : apparition d’un « darknet » réellement invisible des censeurs et répressions abusives de citoyens pour des raisons qu’ils ignoreront la plupart du temps, sans capacité de pouvoir prouver le contraire.

La quadrature du Net explique par le détail sur son wiki la marche à suivre pour écrire à son représentant, tandis qu’un groupe facebook créé pour l’occasion propose à tout citoyen se sentant concerné par la question de venir assister aux débats à l’Assemblée Nationale.

Mais est-il vraiment sûr que cette loi soit votée ?

Le gouvernement semble, lui, en être certain, bien que certains des membres de la majorité semblent hostile au projet. Pour preuve, cette indiscrétion de notre confrère PCINpact qui publie le pré-appel d’offre pour la mise en place du système de riposte graduée… alors que la loi n’est pas votée.

Enfin, notons le service commandé de Chritine Albanel sur le sujet, tandis que côté prospective et numérique ni Nathalie Kosciusko-Morizet ni son prédécesseur Eric Besson n’osent prendre position sur la question (et on peut les comprendre).

Il ne vous aura pas échappé que Mme la Ministre se contredit en tout début d’interview en expliquant que nous avons le cinéma le plus fort d’Europe (avec une croissance exceptionnelle en 2008 tandis que « les Ch’tis » étaient le film le plus téléchargé, preuve que cela n’est pas antagoniste) et en pourfendant ensuite le piratage qui serait le vice de destruction de l’édifice.

Peut-être que finalement nous avons moins acheté de musique pour aller au cinéma, ou faire atre chose. Ce qui serait logique en ces temps de moindre pouvoir d’achat, mais impensable et trop simpliste pour une industrie culturelle aux abois.

Cinq Gus dans un Garage…

C’est la nouvelle formule de Mme la Ministre pour taiter par le mépris tous ceux qui cherchent  faire entendre leur voix, à commencer par la quadrature du Net. Mais comme l’internet est plus rapide, et ironique, voici la réponse de nos « gus »